John Collier La prêtresse de Delphes

 

 

 

EXPLICATION DE TEXTE  N° 4

 

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TEXTE :      L’interrogatoire de Mélétos par Socrate : 1ère partie : sur l’éducation

 

Viens ici Mélétos et répond moi   P 97  (…)   « oui absolument, voilà ce que je prétends » à p102   

 

(édition Garnier Flammarion)

 

 

 

Introduction

 

Situation du passage :

 

Socrate vient d’exposer la cause de sa mauvaise réputation : en cherchant à vérifier les propos de l’oracle de Delphes selon lesquels il était le plus sage des hommes, il a commencé à interroger ses concitoyens sur ce qu’ils prétendent savoir et à révéler au grand jour leur ignorance. C’est ainsi qu’il s’est attiré de nombreux ennemis.

 

Socrate tente à présent de répondre aux accusations récentes, celles lancées par Mélétos, Anytos et Lycon mais avant cela il va tout d’abord s’efforcer de les reformuler précisément en restituant à nouveau l’acte d’accusation. P97. Conformément à la procédure qui lui en donne le droit, Socrate interroge alors  directement  Mélétos. Le dialogue entre Socrate et Mélétos crée une césure dans l’ensemble du premier discours qui est construit comme un long monologue.

 

Ce dialogue entre Socrate et Mélétos aborde les deux aspects de la plainte – Corrompre la jeunesse et ne pas croire aux dieux de la Cité.

 

 

 

Thème de l’extrait :

 

L’éducation  de la jeunesse.    L’éducation n’est pas seulement une question qui concerne les parents car elle a un enjeu politique et social important.

 

Thèse

 

Mélétos prétend que Socrate corrompt la jeunesse or corrompre, c’est rendre mauvais. Cela sous-entend qu’il doit bien s’y connaître dans le domaine de la pédagogie.  Pourtant lorsqu’il doit répondre précisément aux questions de Socrate, Mélétos en est incapable. Cela démontre pour Socrate que son motif d’accusation n’est qu’un prétexte et qu’il ne s’est jamais vraiment intéressé à ces questions.

 

 

 

 Problématiques/questionnements :

 

 En quoi consiste une bonne éducation ? Qui peut éduquer les hommes ? La pédagogie est -elle un don naturel ou au contraire un talent qui s’acquiert ?

 

 

 

Pour expliquer, ce passage nous allons suivre le plan de l’extrait :

 

 

 

La méthode qui met en place Socrate est celle de la réfutation. Il s’agit de faire apparaître les contradictions présentent dans les accusations portées contre lui.  

 

La question initiale de Socrate

 

Socrate commence son interrogatoire en  demandant à Mélétos d’indiquer  la personne qui pourrait être un bon pédagogue en rendant les Hommes meilleurs ? En effet, si Mélétos accuse Socrate de corrompre la jeunesse  cela suppose qu’il puisse savoir ce qui serait bon pour eux et les personnes qui pourraient bien les éduquer.

 

 

 

La démagogie de Mélétos :

 

 

 

La démagogie consiste à flatter l’opinion du peuple pour emporter son adhésion, remporter des suffrages. C’est cette technique de flatterie qu’utilise Mélétos.  A la question de Socrate : « Qui rend les jeunes meilleurs ? », Mélétos désigne les juges et précise que ce sont tous les juges, c'est-à-dire les citoyens présents qui en sont capables.

 

Socrate cherche alors à réfuter Mélétos en soulevant des paradoxes.  Si tous les citoyens savent bien éduquer les jeunes alors pourquoi les questions éducatives seraient si nombreuses et si complexes ? s

 

Or dès qu’il s’agit d’un sujet difficile, il est utile de faire appel à des hommes de l’art, ceux qui possèdent un savoir faire, une technique qui les rend particulièrement habiles dans leurs métiers.

 

Aussi dans le domaine de l’élevage des animaux, ce n’est par le premier venu qui est capable de bien s’occuper de l’animal alors pourquoi en serait-il différemment en ce qui concerne les hommes dont l’éducation est encore plus complexe que le simple élevage ?   

 

 

 

Cependant on peut se demander pourquoi il faudrait des compétences particulières pour éduquer les enfants ? Le simple fait d’être parent ne suffit-il pas ?

 

Il faut savoir qu’ à l’époque de Socrate les enfants des milieux favorisés étaient confiés aux soins de précepteurs, de maitres d’armes, des professeurs de musique ou encore de gymnastique. Il existait donc un ensemble de « spécialistes » dont le métier est l’éducation et ce qui paraissait alors fondamental était de choisir les bonnes personnes .

 

 

 

Ainsi Socrate cherche à faire ressortir l’incohérence des propos de Mélétos. Chaque citoyen accorde la plus grande importance à l’éducation des enfants et cherchent à s’entourer des « spécialistes » ceux qui sont les plus compétents pour donner à leurs enfants les meilleures qualités sur le plan physique, intellectuel et moral. Il serait alors étonnant que le premier venu soit capable d’assurer ces fonctions. Voilà pourquoi Socrate conclue que Mélétos ne s’est jamais vraiment préoccupé de ces questions. Il est incpable de dire clairement qui sont les personnes susceptibles d’être de bons professeurs.

 

 

 

La question du mobile intervient :     Lorsqu’une personne commet un acte répréhensible (vol, crime…) , il est nécessaire pour établir un jugement d’établir le mobile c'est-à-dire du but, l’intention de la personne qui a agit.  Dans quel but Socrate aurait – il voulu corrompre la jeunesse ?

 

Socrate indique que corrompre les personnes, c’est les rendre mauvais or quel intérêt aurait -il a vivre entouré de personnes ayant des mauvais comportements ? « Les méchantes personnes font toujours du tort à ceux qui  leurs sont plus proches ». p101

 

Aussi si Socrate d’avoir « corrompu la jeunesse », cela ne peut être volontairement, intentionnellement. Ce serait de façon involontaire. Or pour une faute involontaire, on ne doit pas selon Socrate intenter un procès mais seulement faire « la leçon » à la personne qui est dans l’erreur pour lui expliquer et la remettre dans le droit chemin.

 

 

 

Conclusion du passage :

 

Socrate n’est pas coupable de corrompre la jeunesse, l’accusation a trouvé un prétexte car Mélétos ne possède aucunes connaissances relatives à la pédagogie et à l’éducation. De plus, il n’ y aurait aucun intérêt à commettre de tels actes. Les silences et les réticences de Mélétos pour répondre montrent que Socrate parvient à s’imposer dans ce « duel » mais l’opinion des juges n’est- elle pas déjà établie ?